Jethro Tull’s Ian Anderson

// Olympia - 18 novembre 2012

Infos concert

Jethro Tull toujours solide comme une brique

Pour les amateurs de Progressif, voire de Classic Rock, Thick As A Brick constitue un monument. Numéro un à l’époque, en 1972, cet opus est l’archétype du concept album : une histoire, et une seule chanson, découpée en deux parties pour cause de disque vinyl. Résultat des courses, un classique absolu, souvent joué en version raccourcie, qui a continué à figurer régulièrement dans la setlist du groupe, toutes formations confondues. Je ne crois pas par contre qu’il ait été joué en intégralité lors de la tournée qui a suivi sa sortie, auquel cas c’était véritablement une première mondiale que de pouvoir l’apprécier ainsi dans sa totalité.

Tout commence avec un type en blouse qui traverse la foule avec une valise à roulettes, et monte sur scène. Il est bientôt rejoint par un compère, puis plusieurs, qui se mettent à balayer, épousseter, ranger, déplacer des objets. Puis ils vont se mettre en place, ce sont les musiciens ! Ensuite démarre un petit film, où Anderson interprète le rôle d’un psy, manifestement celui qui suit le petit Gerald, héros de Thick As A Brick. Quelques notes de musique, et c’est parti, la magie de l’album opère sur scène ! L’œuvre est restituée à la note près, occasionnellement avec des passages plus longs que sur l’original, mais avec un vrai spectacle. Film projeté derrière la scène, avec un curieux personnage récurrent, qui déambule en tenue de plongée, palmes et bouteilles compris, à travers divers paysages, solo de violon joué par une jeune femme, bébé à ses côtés, dérangée juste avant d’un coup de téléphone (un film bien entendu), et puis bien sûr, Ian Anderson qui multiplie les poses de héron !

Notons au passage qu’il a jugé plus prudent de ne pas interpréter toutes les parties vocales. A sa place, c’est un certain Ryan O’Donnell qui fait mieux que tirer son épingle du jeu. Également acteur, il sait bouger sur les planches, et fournit un parfait contrepoint scénique à Anderson. Parmi tous les petits nouveaux, j’ai aussi apprécié la très bonne prestation du guitariste, l’allemand Floran Ophale, jamais en reste pour glisser une petite note hard qui montre qu’on est bien chez le Tull, et pas chez ELP ou Genesis…

Entracte, puis second album, Thick As A Brick II, qui pour ma part sera une découverte. Et une sacrée bonne d’ailleurs. Si je n’en ai pas retenu toutes les subtilités, il a l’air de sacrément valoir son écoute. Les musiciens présents sont tous de haut vol, et le plaisir de jouer se ressent. On assiste à un grand moment musical.

Et donc, le grand questionnement sur l’état de Ian Anderson pour ses 65 printemps reçoit une réponse dès les première minutes, et représente juste une énorme claque. C’est simple, j’ai rarement vu quelqu’un autant en forme. Toujours en train de gambader avec sa flûte  de jouer en prenant des pauses. Une énergie juste impensable, et inépuisable surtout.

Une soirée plus que magique, une superbe musicalité, un album à découvrir par la suite, on n’a clairement pas à se plaindre d’un artiste qui vieillit très bien ! Long live Rock’n’Roll !

Sources :
Le Parisien – Blog It’s Only Rock’n’Roll
Bring Me The Sound

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