Johnny Winter & guests

// L’Olympia - 7 avril 2013

Infos concert

Cela faisait longtemps que cette soirée exceptionnelle était notée dans l’agenda de chacun des spectateurs. Une soirée qui devait réunir sur une même scène deux monstres sacrés de l’histoire du rock, Alvin Lee et Johnny Winter, dans la salle mythique de L’Olympia à Paris, comme ils l’avaient déjà fait en 1983 au Palladium à New York. Hélas, le destin est venu s’en mêler et Alvin Lee a disparu  quelques semaines avant ce concert.

Les organisateurs se sont posé la question de savoir s’il fallait quand même faire ce concert. Et avec l’accord de la famille d’Alvin, le concert a eu lieu. Johnny Winter s’est donc entouré d’invités très spéciaux, son frère Edgar Winter, Tommy Emmanuel, Johnny Gallagher et Robben Ford, qui se produisait au Café de la Danse à guichet fermé la veille. Et c’est par une minute de silence en sa mémoire qu’allait commencer cette soirée. Minute de silence immédiatement suivie de longs applaudissements pour celui dont le nom restera à jamais dans l’Histoire, avec un grand H, de la musique. L’âme d’Alvin Lee a veillé sur nous le temps de cette soirée 100% blues et rock’n’roll.  Mais reprenons la soirée dans son ordre chronologique.

C’est Tommy Emmanuel, qu’Alvin appréciait particulièrement, qui a ouvert le spectacle. On est loin d’une soirée où chacun viendrait interpréter des morceaux en son hommage. Non, chacun est venu jouer sa musique et c’est cela qu’aurait voulu Alvin.

Après la délicatesse et la finesse de Tommy Emmanuel, c’est Johnny Gallagher et son blues rock brut et puissant qui est venu enflammer véritablement l’Olympia. Sa voix, sa prestance, son énergie et son jeu de guitare ont conquis tout le public. Belle découverte pour ce musicien que nous connaissions mal.

Comme à chaque fois à L’Olympia, l’entracte est venu permettre à tout le monde de se remettre de ses émotions et de se désaltérer au son de Manu Lanvin et son band, que les organisateurs ont eu la bonne idée de faire jouer dans le grand hall d’entrée pour faire patienter le public.

Arrive enfin le moment tant attendu. De retour dans la salle pour découvrir d’autres invités prestigieux qui sont venus partager la scène de l’autre légende que l’on attendait ce soir, Johnny Winter. Et qui mieux que son frère, Edgar, pouvait introduire celui qui a enchanté tant de générations. Les musiciens accompagnant Johnny Winter prennent place en compagnie de Edgar Winter qui devient leader le temps d’une chanson. Etant relégué derrière son frère tout au long du concert, ce court moment lui aura permis de montrer de quoi il était capable. Edgar Winter est un brillant joueur de claviers et saxophone.

Vous ajoutez Robben Ford et vous avez un plateau de rêve. Le virtuose de la six cordes a rejoint le groupe sur scène à trois reprises. Nous aurions volontiers voulu entendre davantage de solos. Quel guitariste. Les premiers morceaux permirent aux deux protagonistes de se faire plaisir, ainsi qu’au public avec quelques échanges savoureux entre saxophone d’un côté qui répondait à la guitare de l’autre. Un grand moment.

Et lorsqu’est arrivé sur les planches Johnny Winter, c’est un tonnerre d’applaudissements qui l’a accueilli. Pas la peine de vous dire qu’il a immédiatement fait parler sa guitare, avec son style bien spécifique. Un mélange de blues et de rock qui fait de lui le grand bonhomme que chacun admire depuis longtemps. Un Johnny Winter en forme qui a enchaîné titre sur titre, sans oublier, bien sûr, les grands tubes qui ont jalonné sa carrière. Il a également rendu un gros hommage aux Rolling Stones avec sa reprise accélérée de Jumping Jack Flash. Le concert s’est terminé sur Dust My Broom, un classique écrit par Robert Johnson et Highway 61 de Bob Dylan, tous deux joués à la slide guitar. Les spectateurs sont venus voir une légende, revivre pour beaucoup de grands moments qui ont marqué leur esprit et leur vie.

Un très beau concert de blues, même si l’absence de Alvin Lee est passée dans la tête de plus d’un spectateur. Un grand moment plein d’émotion, et surtout plein de souvenirs et de respect.

Sources: Zicazine & Rock’n Concert

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