Peter Frampton

// bataclan - 23 nov. 2011

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Peter Frampton, denrée rare live en France, était à Paris pour l’ultime prestation d’une tournée célébrant le 35e anniversaire de ce par quoi tout est arrivé : un album live intitulé Frampton Comes Alive!, sorti alors que la carrière solo du musicien était franchement en demi-teinte et qui pulvérisa tous les records de l’histoire des albums en public en 1976.

Une belle gueule aux cheveux blonds bouclés, la chemise entrouverte, le regard perdu vers l’horizon de la marée (supposée) de fans en délire, une pochette qu’on dépliait « à l’italienne », qu’on punaisait à son mur, et on se prenait à rêver d’être à sa place, d’avoir une Gibson Les Paul noire, une crinière blonde, des arènes remplies devant soi, et surtout une talk box. Ce tube étrange qui transformait le son de votre guitare en voix de canard. C’est lui qui l’a totalement popularisée avec « Show Me The Way » et « Do You Feel Like We Do », hits désormais éternels inscrits au Panthéon du rock mélodique.

Parfaite prestation, humaine mais sans aucune faille par un groupe carré, un son d’une clarté incroyable et rond, totalement rock dans son essence malgré quelques entrefilets acoustiques et des mélodies très très… abordables, hard rock dans les guitares dont un duel entre Frampton et son sideman Adam Lester sur « I’ll Give You Money », excellent ! Je le crie et l’assume, Frampton est un pur guitar-hero, au jeu et phrasé très personnels (je cherche encore une comparaison, je ne trouve pas). Simplement, son image de beau gosse a totalement occulté à l’époque les qualités d’un chanteur-guitariste complet, mélodiste hors-pair, dont les premières armes remontent à l’un des groupes britanniques les plus cultes qui soit, HUMBLE PIE.

Show en deux parties bien distinctes donc, le « Comes Alive » revisited, et une suite plus hétéroclite : il rendra hommage à sa formation fondatrice HUMBLE PIE (qu’il partageait avec Steve Marriott) avec un second titre, « Four Day Creep » et projection sur écran géant d’images d’époque. Il effleurera avec « Asleep at the Wheel », et c’est un gros bémol personnel, son dernier album passé inaperçu ici et pourtant le meilleur qu’il ait fait depuis bien longtemps. Il s’emploiera en revanche à ratisser de nombreux extraits de « Fingerprints », avec le blues mid-tempo jazzy à la slide « Double Nickels » encore en duo avec Lester, « Float », « Boot it Up », ou les reprises instrumentales de « Black Hole Sun » (discutable, car dur d’entendre la voix de Cornell substituée par du note à note) et l’incontestable réussite de « While My Guitar Gently Weeps » en final, accompagné d’une promesse de se retrouver l’été prochain.

Plus de deux heures de live dans une communion, une chaleur, une émotion sincères entre gens de bonne compagnie (le public au rendez-vous, vous l’aurez saisi, était donc à l’image de l’artiste, plus proche de la calvitie – assumée par lui avec beaucoup d’humour – que du sex symbol des seventies).
Tous réunis au-delà de la simple nostalgie, par la passion d’une certaine définition du rock authentique.
Frampton comes alive… et fait même mieux : Frampton stays alive !

Source : Hard Force

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© Laurent Emmanuel

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