Urge Overkill

// Bus Palladium - 22 nov. 2011

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17 ans après Pulp Fiction, Urge Overkill tue toujours

Groupe underground culte, dans une salle mythique de Pigalle, ex-temple des sixties reconverti en boîte branchée. Urge overquoi ? Mais non, ce n’est pas un énième groupe de trash métal norvégien ! Mais si, vous le connaissez tous ! « Girl, you’ll be a woman soon », le meilleur titre de la BO de « Pulp Fiction », c’est Urge Overkill ! Enfin, pour être tout à fait professionnel, c’est un vieux tube des années 70 de Neil Diamond dont ce groupe from Chicago a fait un tube planétaire des années 90, avec l’aimable coup de pouce du mélomane Quentin Tarantino, qui avait découvert leur reprise sur leur EP « Skull » en fouillant chez un disquaire (comme quoi un disquaire, c’est toujours indispensable).

Enfin, ce n’est pas uniquement pour entonner avec quelques nostalgiques ce refrain désormais universel que j’ai fait le trajet jusqu’à Pigalle, à mes risques et périls.

Non, il s’avère que Urge Overkill a sorti il y a vingt ans deux de mes albums de chevet, Americruiser (chez Touch and Go Records) en 1990, et Saturation (chez Geffen) en 1993. Le premier a été produit par Butch Vig, l’année précédent trois de ses productions phare Nevermind de qui vous savez, 8 Way Santa de TAD et Gish des Smashing Pumpkins. Le second par les Butcher Bros, un tandem de producteurs qui a travaillé pour des artistes aussi variés que Bob Dylan, John Lennon, Dog Eat Dog, Anthrax, Nine Inch Nails et Luscious Jackson. Et en bon provincial que je fus, je n’ai jamais eu la chance de les voir sur scène.

Mieux vaut tard que jamais, c’est donc l’année de leur 25e anniversaire et grâce à l’opiniâtreté d’une jeune et courageuse maison de production française – Veryshow – que j’ai enfin pu voir en chair et en os les deux fondateurs de Urge : Eddie “King” Roeser and Nash Kato. Seize ans après Exit the dragon, leur dernier album, ils ont refait surface cette année et de fort belle manière avec Rock’n’roll submarine. Bien accueillis sur internet, ils sont repartis en tournée européenne, une vraie tournée qui transitait exceptionnellement par Paris.

Ils ont déboulé sur la toute petite scène avec le sourire et l’envie d’en découdre. Nash Kato n’a pas changé, il a toujours le cheveu long et plaqué, la lunette noire en toute circonstance et a toujours cette manière absolument unique d’assurer la rythmique, avec un coup de bras tranchant comme un guitariste de flamenco. Son compère s’est un peu empaté, mais quand il s’agit d’envoyer la sauce et des solos de blues millimétrés – j’ai bien dit millimétré, ce qui rime ici avec modéré – il n’a pas pris une ride. Soutenu par deux nouveaux venus parfaitement castés – un bucheron batteur et un bassiste très sixties -, leur répertoire – un pied chez la pop des Beatles, un pied dans le grunge de leurs compatriotes Nirvana et autres Sonic Youth – n’a pas non plus vieilli d’un pouce. Ils ont joué seize titres pied au plancher – Nash Kato a juste tenté une blague pour faire comprendre combien il ne parle pas bien français mais ses oreilles saturées n’y ont rien compris – et la set list fut quasi-parfaite : « Effigy », en ouverture, et « Rock’n’roll submarine », de l’album du même nom, « Candidate » et « Vacation in Tokyo », pas moins de sept titres de « Saturation » – « Positive bleeding », « Erica Kane », « Back on me », « Heaven 90210 », « Sister Havana », « Woman to woman » et « Battle of fur » – et quatre de « Exit the dragon » – « Last night/tomorrow », « Somebody else’s body », « The break » et « Take me ». Evidemment, ils ont fait « Girl, you’ll be a woman soon » pour faire plaisir à ces frenchies qui en ont fait un tube, mais sans en rajouter. Bon, ils n’ont rien fait de « Americruiser », mais j’ai été servi avec « Saturation » et toutes leurs versions étaient excellentes, comme s’ils les jouaient pour la première fois, avec un plaisir intact et un son énorme.

Source : Blog du Parisien / It’s Only Rock’n’Roll

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